BDFIL 16e Édition
Festival de Bande Dessinée Lausanne

16-20 septembre 2021

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LES AFFICHES 2021

Jacques Tardi © BDFIL et l’artiste, 2021 / Design graphique : Madame Paris

Sur l’affiche qu’il a spécialement conçue pour Lausanne, Tardi se représente malicieusement en peintre de chevalet, avec le béret de l’artiste qui rassure beaucoup la tradition et les Converse bleu canard qui l’inquiètent un peu. À l’arrière-plan, la Ville de Lausanne en étagements et le Léman — il a vu naître la bande dessinée et s’établir le tonitruant Gustave Courbet dont Tardi perpétue l’engagement anarchiste et communard. Mais à la différence de ce devancier que la Suisse avait réduit au paysage («Nous avons fait beaucoup de paysages, on ne peut rien faire autre chose en Suisse», écrivait en 1873 le peintre en exil), Tardi fixe sur la toile une autre forme de paysage, le seul qui, depuis plus de 50 ans maintenant, prend tout son horizon: la bande dessinée. Ici ramenée à son vocabulaire élémentaire: une explosion, le Marsupilami, Dominique Grange qui tient une bombe allumée — la pasionaria est l’héroïne d’Élise et les nouveaux partisans, prochain album à paraître chez Delcourt — et un duo d’hommes en chapeaux. «Boum», «Houba», «A», «?», «!», «?». Batifolant au loin, un Nessie lémanique a surgi des profondeurs lacustres. Rouge comme souvent les monstres qui, depuis le premier épisode des Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec en 1976, prolifèrent dans la série: rouge le ptérodactyle d’Adèle et la bête, rouge le kraken du Noyé à deux têtes, rouges les limules du Mystère des profondeurs. Et comme souvent encore, ne nous disant pas s’il habite le Léman depuis toujours ou s’il vient juste de s’échapper de la caboche de l’artiste. Le public de cette leçon de peinture se limite à un trio de canards (quatuor en fait, si l’on inclut le spectateur), qui s’intéressent à l’art plus volontiers qu’à la cryptozoologie vaudoise et se posent les bonnes questions. Émis par l’un d’eux, le seul phylactère de la scène semble faire écho aux deux points d’interrogation contenus dans la toile.

Anouk Ricard © BDFIL et l’artiste, 2021 / Design graphique : Madame Paris

Bien reconnaissable à son humour décalé, Anouk Ricard signe l’affiche de Mona Lôzane, exposition collective qui réunit 39 réinterprétations inédites du tableau le plus célèbre du monde, par des artistes de Suisse et des trois continents. Elles seront à découvrir dans une Arcade de Plateforme10 et envahiront la rue de Bourg à la fin de l’été.

Les affiches sont en vente sur notre boutique en ligne